L’histoire se passe dans le
village de Reploux.
Situé au fond de la vallée
de la Gohëne et proche de la forêt de Sutane, ce village est un endroit
très agréable. La plupart des habitants vivent d’élevage, d’exploitation
forestière et autres ressources naturelles, d’autres vont travailler
dans les villes voisines : Asp qu’on atteint en deux heures de marche a
travers la forêt et Rêverives, le bourg le plus important de la région,
situé à deux lieux du village. Une taverne et une auberge donnent aussi
du travail à deux familles car Reploux se trouve sur la route des
pèlerinages et des camelots.
Marthe habite dans une
petite maison, qu’elle a héritée de son troisième mari, non loin de
l’église. Son travail au bourg leur permet, à elle et sa fille Rosalie,
de vivre à peu près décemment. Tous les matins, elles se lèvent avant le
lever du soleil pour partir avec la charrette du Grégoire qui va vendre
au marché, sa production de lait, de beurre et d’œufs.
Marthe travaille dans la
boutique d’un riche artisan et marchand de papier, parchemin, encre, …
Rosalie, elle, fait son apprentissage chez l’apothicaire. Pour l’une
comme pour l’autre, les journées sont longues et harassantes. Le soir,
elles rentrent avec l’Emile qui travail chez le notaire. L’hiver, la
nuit est déjà bien installée quand elles arrivent à Reploux, mais l’été
elles peuvent encore bénéficier de quelques instants de clarté. Marthe
aime les fleurs et essaye d’en cultiver quelques-unes. Malheureusement
son travail lui prend tellement de temps qu’elle ne peut leur apporter
tous les soins nécessaires. Rosalie, elle, file rejoindre son galant
qu’elle aime passionnément.
Préparer le repas, nourrir
les chiens, ranger le peu qu’elle possède, - le peu que son cinquième
mari lui a laissé en partant -, une infusion qu’elle boit au coin du feu
et voilà la journée de Marthe terminée.
Demain la même routine
recommence.
La vie est bien monotone !
Mais, Marthe ne désespère pas. Elle sait qu’un jour l’homme idéal
viendra vers elle et qu’elle pourra enfin réaliser son rêve : vivre les
dernières années de sa vie auprès d’un mari aimant, dans l’harmonie d’un
couple.
En ce 12 juin, pour fêter
son anniversaire et la Saint Guy, patron des danseurs, le seigneur
Enguerran donne un bal au château où, comme chaque année, tous les
villageois sont invités.
Habituellement, Marthe ne
participe pas à ces réjouissances, mais cette année, une de ses amies a
insisté pour qu‘elles y aillent ensemble. Marthe n’a pu refuser, alors,
autant ne pas faire les choses à moitié ! Elle a ressorti sa plus belle
robe et ses plus beaux souliers. Elle s’est fait coiffer au bourg après
sa journée de travail. Après tout, il y aura là des gens à rencontrer.
Et qui sait ? Peut-être l’homme de ses rêves.
Le soir venu, elle mis ses
souliers dans un panier pour ne pas les abîmer, et enfila ses sabots
pour parcourir la distance qui la séparait du château. Elle avait près
d’une heure de marche avant d’arriver. Heureusement cette soirée de
printemps était très douce.
Quelle féerie ! Le château
illuminé par des centaines de torches, les valets dans leur plus belle
livrée, des buffets regorgeant des mets les plus délicieux et un peu
partout dans le parc, trouvères et ménestrels livraient leurs dernières
créations pour la plus grande joie des convives.
Marthe trouva son amie en
pleine discussion avec des gens qu’elle ne connaissait pas. Le sujet ne
la concernait pas elle s’éloigna et entreprit une visite systématique de
chacun des lieux de réjouissance, examinant chaque invité, jugeant son
physique, sa mise. Etait-il accompagné ? Riche ou pauvre ? Coureur ou
solitaire ? Bavard ou silencieux ?
Bien que n’ayant pas
d’idée précise sur le genre d’homme qui lui conviendrait, elle put
constituer un éventail de proies possibles. Elle refit une deuxième fois
le tour du parc accordant deux mots à l’un, une danse à l’autre, pour
finalement fixer son choix.
Il était grand, d’âge mûr,
bel homme sans être beau, d’une élégance naturelle, vêtu avec goût. Il
avait l’air de s’ennuyer un peu et disposé à se laisser distraire.
Marthe s’installa sur un siège voisin et entrepris ce long exercice
qu’elle avait pratiqué si souvent : la séduction.
Elle se fit offrir à
boire, engagea la conversation sur des sujets d’une banalité affligeante
mais si commodes pour endormir la méfiance de l’interlocuteur. Elle se
rendit vite compte que l’homme était étranger. Aubaine ! Voilà un sujet
d’interrogatoire intéressant. « De quel pays ? » « De Germanie ! C’est
un long voyage ! Vous restez donc quelque temps parmi nous ? » Quelques
verres de vin et quelques danses plus tard, Marthe ne lâchait plus son
cavalier. Il n’avait pourtant pas prononcé plus de dix mots. Etait-il
satisfait de cette rencontre ou attendait-il la fin de la fête avec
impatience ? Qu’il ne parla pas beaucoup, il fallait l’excuser : il ne
connaissait pas bien notre langue. Il dansait, servait à boire, avait
des gestes aimables. Pourquoi supposer que la présence de Marthe
l’ennuya ?
A la naissance de l’aube,
il ne restait plus à la fête, que les gens qui n’avaient pas à se lever
pour soigner les bêtes ou se rendre au bourg pour leurs affaires. Marthe
avait une journée de repos et pouvait donc prendre son temps pour
rentrer.
« Comment vous
appelez-vous ? » « Barnard ? Un nom très noble ! » « Vous êtes un ami du
seigneur Enguerran ! Vous logez donc au château ? » « L’auberge ? Je
vous y conduirai, elle est proche de ma maison ! »
Barnard avait une voiture
qu’il fit atteler, ce qui leur permis de redescendre au village
rapidement. Une fois devant l’auberge, Marthe ne pu se décider à laisser
ce bel étranger. Même si aucun avenir n’était envisageable, au moins
avait-elle droit à un peu de plaisir.
Elle accompagna Barnard
dans sa chambre, il ne protesta pas. Au moment de se coucher, il
s’installa par terre, roulé dans une couverture. Pour Marthe,
l’étrangeté des manières de ce monsieur était un amusement et les
distances qu’il s’obstinait à garder, un défi intéressant à relever.
Elle se fit plus séductrice que jamais et l’attira dans le lit avec
elle…
Au matin, Marthe regagna
sa maison où l’attendait sa fille, inquiète de ne pas avoir vu rentrer
sa mère de la nuit. Comme toujours, l’angoisse de Rosalie se manifesta
par une terrible colère et une kyrielle de reproches. Marthe laissa
passer l’orage, sachant que rien n’arrêtait sa fille quand elle était
dans cet état. Quand ce fut terminé, elle entrepris de raconter,
sommairement, sa soirée et sa nuit. Rosalie fut enchantée à l’idée d’un
beau-père étranger et bourgeois de surcroîts. Pour une fois sa mère
n’était pas allée chercher le dernier des ratés !
« Il revient me chercher
ce soir, nous logerons au château. Puisque tous les invités seront
partis, le comte peu lui offrir une chambre. »
« Tu vas aller dormir au
château ? Mais c’est l’histoire de cendrillon que tu nous rejoues là ! »
« Nous verrons ! »
Le soir venu, Rosalie pu
apercevoir celui qu’elle considérait déjà comme son futur beau-père.
Elle fut ravie. Au moins, celui-là, elle n’en serait pas gênée.
Quelques jours passèrent
ainsi. Soirée d’insouciance, nuits de plaisir, Marthe retrouvait ses
vingt ans, bien qu’elle ait plus du double.
Arrivait le jour où
Barnard devrait partir. Il proposa à Marthe de l’accompagner dans son
voyage vers les quelques terres qu’il possédait plus au sud. Tentant !
Mais son travail ? Qui ne risque rien n’a rien ! Elle alla trouver son
patron pour lui demander un congé exceptionnel. La négociation fut
difficile mais fructueuse : contre la promesse de travaux
supplémentaires en rentrant, elle obtint quelques semaines de liberté.
Autre obstacle, et non des
moindres : Rosalie. Il allait falloir lui annoncer la séparation avec
ménagement et beaucoup d’arguments. Trois jours ! Il fallut trois jours
à Marthe pour faire admettre la situation à sa fille. Elle ne serait pas
seule, son galant et sa famille veilleraient sur elle !
Le jour du départ, Barnard
fit atteler à sa voiture, deux solides chevaux de postes, il embarqua
vivres et bagages et il prit la route, accompagné de Marthe, toute
réjouie du bon tour qu’elle jouait à tous. Elle, la pauvrette n’ayant
jamais eu de chance dans ses mariages, se trouvait, trônant sur le banc
d’une belle voiture, en compagnie d’un bourgeois étranger dont elle
pourrait bien faire son prochain époux.
Quelques semaines plus
tard, Marthe était de retour. Elle raconta son voyage à son amie Louise.
« Alors ? »
« Alors…C’est l’homme de
ma vie ! C’est certain celui-là, je le garde. »
« Tout c’est donc bien
passé ? »
« Pratiquement, oui. »
« Pratiquement ? Explique
moi ce qui n’a pas été. »
« Barnard est un homme
charmant, et la maison qu’il possède là-bas est petite mais très jolie
et très agréable. Seule dans les collines, au milieu des oliviers et des
vignes, on y vit dans le calme et la tranquillité. »
« Mais ? »
« Mais rien. C’est juste
que Barnard a beaucoup souffert dans sa vie et qu’il y a des moments où
il préfère s’isoler. Cela peut durer plusieurs heures. Je ne lui en veux
pas, c’est tout à fait naturel.
« Si tu le dis ! Jure moi
juste qu’il a été correct avec toi. »
« Oui, tout à fait et même
trop parfois. »
« Tu va partir vivre chez
lui ? »
« Pas tout de suite : il
veut y réfléchir encore. »
« Tu ne le verras plus
alors ? »
« Si ! Il viendra ici dès
que ses affaires le lui permettront. »
« Oh ! A mon avis j’ai
tout mon temps pour commander une nouvelle robe ! Il m’a quand même
l’air d’un gars bizarre ! »
« Tais-toi, tu n’y connais
rien ! »
« Après tout c’est ta
vie ! »
Les semaines et les mois
passèrent, Barnard vint quelques fois passer un jour ou deux chez
Marthe. Ces jours là Marthe fermait sa porte à tout le monde. Il y a
juste Rosalie qui était tolérée, et encore !
Tout se passait pour le
mieux tant que Marthe acceptait ces moments où Barnard s’isolait dans
son antre. Il s’était aménagé la vieille cabane dans le fond du jardin
et y disparaissait parfois la journée entière. En générale les soirées
se passaient fort bien. Marthe préparait les meilleurs plats et achetait
les meilleurs vins. Ils s’installaient au coin du feu sans plus rien
demander d’autre.
Un an après leur
rencontre, ils retournèrent sur les terres de Barnard, dans le sud. Tout
se passa de la même manière.
Ils rentrèrent quelques
semaines plus tard sans encore faire de projet. Le rythme désormais bien
installer des visites de Barnard, organisait la vie de Marthe. Tout se
construisait en fonction de cette relation et de moins en moins de place
était laissée au reste.
Louise s’inquiétait un peu
pour son amie. Il y avait quelque chose chez cet homme qui ne lui
inspirait rien de bon.
« Es-tu certaine que tout
se passe bien avec Barnard ? »
« Bien sûr ! Qu’est-ce qui
te fait penser le contraire ? »
« On ne te voit plus, tu
es de moins en moins souriante, et lui qui dit à peine bonjour ! Vous
auriez pu venir l’autre jour à la fête des fleurs. »
« Oh ! Tu sais, Barnard
n’aime pas trop se mêler au monde, il ne comprend pas bien notre langue
et, cela le met mal à l’aise. »
« Et du coup toi aussi tu
te coupe du monde ! Je suis convaincue que ce type cache quelque chose.
»
« Mais enfin ! Tu m’agaces
à la fin ! Que veux-tu qu’il ait à cacher ? »
« Reconnais que quelqu’un
qui passe ses journées dans une cabane sans confort alors qu’il dispose
d’une maison, ce n’est pas normal ! »
« Qu’y a-t-il d’anormal à
aimer la solitude ? »
« A ce point là on
pourrait croire qu’il la préfère à toi. »
« Si c’était le cas, il ne
viendrait plus. »
« Va savoir ! »
En réalité, Marthe était
très intriguée par les attitudes de Barnard. Elle ne voulait en parler à
personne, et essayait de se persuader elle-même que tout allait bien et
qu’il fallait juste le temps qu’ils s’habituent l’un à l’autre.
Vint le jour de la grande
décision.
Barnard avait décidé de
quitter le Nord pour s’installer définitivement sur ses terres du sud.
Il dit à Marthe : « Je m’en vais, tu fais comme tu veux, tu viens avec
moi ou tu restes, mais moi, de toute façon je pars. » Evidement qu’elle
partirait avec lui. Plus rien ne la retenait à Reploux. Sa fille ? Elle
était presque une femme, elle serait bientôt mariée. Ses amies ? Peut-on
appeler amies celles qui depuis des mois ne cesse de la mettre en garde
contre un soit disant danger ?
C’était décidé, elle
partait. Elle quitta son travail, vendit sa maison et par un beau matin
d’été, embarqua dans la voiture de Barnard direction le sud. Que c’était
simple ! Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
Le voyage se passa bien.
Une fois sur place, il
fallut aménager la maison pour y vivre, creuser un nouveau puits,
aménager un potager, nettoyer les vignes et les oliviers…
Une fois ce travail
achevé, arrivèrent les petites déceptions : les rares voisins parlait
une langue que Marthe ne comprenait pas, le bourg le plus proche était
très loin et avec cette chaleur c’était une fameuse épreuve d’y
parvenir. De plus, tout bourgeois qu’il était, Barnard n’était pas si
riche et il fallait mesurer chacune des dépenses.
Marthe se persuada que les
choses iraient vite en s’améliorant. Mais… Chaque jour, Barnard
continuait à s’isoler dans ce qu’il appelait sa tanière : un trou creusé
dans la colline en contrebas de la maison. De plus en plus souvent il
revenait de sa « méditation » d’une humeur massacrante, se contentant
d’émettre des grognements. Et puis, ces périodes s’allongèrent de plus
en plus, allant parfois jusqu'à une semaine. Marthe s’obstinait. Tout
allait s’arranger, il suffisait d’être patiente. A la méditation,
s’ajouta le jeûne. Barnard ne mangeait alors que du poisson et du miel.
Marthe trouva cela amusant mais était contente de retrouver la richesse
des bons petits plats après les périodes de privation.
Les mois s’écoulèrent
ainsi, alternant jeûne, isolement et abondance. Rythme parfois
difficile. Marthe s’accrochait toujours, ouverte à toutes les nouveautés
que la vie pouvait lui apporter. C’est très bien d’être ouvert et de
s’obstiner, mais vient un moment où il faut savoir s’arrêter. Marthe ne
voulait pas. Il fallait qu’elle montre à tous qu’elle était capable de
garder un homme. Et, que dire aux gens, si elle rentrait dans son pays
maintenant ? Non, son destin était ici. Ces anciennes amies, de toute
manière, ne connaissaient rien à la vie. Elles feraient bien de prendre
exemple sur elle : s’effacer tout à fait pour satisfaire les désires
d’un homme. Voilà le but de la vie d’une femme ! C’est décidé ! Marthe
resterait avec Barnard quoi qu’il advienne. Elle arriva même à se
persuader qu’elle était heureuse.
Elle était pourtant
curieuse et intriguée. Un matin, alors que Barnard était enfermé dans
son repaire depuis deux jours, elle se risqua à aller y voir d’un peu
plus près. Elle ne vit rien, mais entendit des grognements qui n’avaient
rien d’humain. Elle prit peur et arrêta là, pour l’instant, ses
investigations. Quelques semaines passèrent avant qu’elle n’ose à
nouveau s’approcher du gîte de son ami. Elle y alla d’abord un jour où
Barnard était descendu au bourg régler quelques affaires. L’endroit
était désert. Pas la moindre trace de bête féroce. Deux jours plus tard
alors que son homme s’était de nouveau retirer sous terre, elle pris son
courage à deux mains. Près de l’entrée, elle entendit de nouveau ces
grognements. Cette fois elle s’arma d’un bâton. Elle poussa prudemment
l’assemblage de planche qui servait de porte. Les grondements
redoublèrent. Quand ses yeux se furent habitués à la pénombre, elle se
trouva face à face avec un ours. Un de ces ours gigantesques comme on en
voyait sur les foires. A la différence que celui-ci n’était pas attaché.
Marthe se plaqua contre la paroi de la grotte en essayant de bouger le
moins possible. L’ours grondait toujours, mais ne semblait pas vouloir
lui faire de mal. Il se calma progressivement et, quelle horreur !
L’ours se transforma peu à peu : il devint plus petit, on commença à
voir sa peau au travers de sa toison, ses pattes devinrent main et pied,
son museau devint nez et sa face devint le visage de Barnard. Toujours
collée à la roche, Marthe était pétrifiée. Comment cela était-il
possible ?
Barnard poussa encore
quelques grognements avant de retrouver la parole.
« Que fais-tu ici ? Je
t’avais interdit de me suivre. »
« Je voulais savoir ! »
« Maintenant tu sais.
Es-tu plus avancée ? »
« Si tu es la victime d’un
enchantement, il y a peut-être un moyen pour y mettre fin. »
« Ce n’est pas un
enchantement ! »
« Mais qu’est-ce alors ? »
« J’aime être un ours.
C’est mon plus grand plaisir et ce n’est pas toi qui m’en priveras. Les
soirées que je te consacre devraient te suffire. Pour le reste, vis ta
vie et moi je vis la mienne. Laisse-moi maintenant. » Et il repris
l’apparence de l’animal.
Marthe n’en croyait pas
ses yeux. Elle tenta, tant bien que mal, de garder son sang froid et de
regagner la maison.
Quelle réalité étrange !
Que pouvait-elle faire ? Rentrer chez elle ? Elle n’a plus de chez
elle ! Partir ailleurs ? Pour aller où ? Rester ? Il le faudrait bien.
Après tout, il ne s’est jamais montré violant, et tant qu’il s’isole
pour assouvir cette manie…
Marthe resta donc avec
Barnard. Enfin ! Dans le même endroit ! S’efforça d’être bonne ménagère,
comme sa mère lui a appris, tenta de s’occuper de manière intéressante,
à l’occasion, elle utilisait la force de l’ours pour les gros travaux…
Fut-elle heureuse ? Elle
seule pourrait répondre !
Et vous mesdames Quel
genre d’animal avez-vous épousé ?
©Colette Pitance, mars 2002
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